La ville de Liège est située dans l’est de la Belgique. C’est une des villes belges les plus importantes et une des plus méconnues. Elle possède pourtant un riche passé et mérite d’être découverte. C’est aussi MA ville. Celle où je suis né et où j’habite. J’ai donc souvent eu l’occasion de la photographier.
Récemment, j’ai été contacté par un client qui voulait reproduire une de mes photos de Liège dans une brochure immobilière. Il en avait déjà sélectionné une première et me demandait des suggestions pour éventuellement y ajouter une seconde.
Table des matières
- Table des matières
- Une sélection des meilleures photos de Liège
- La place Saint-Lambert : au coeur de l’histoire de Liège
- Le palais des Princes-Évêques : le plus beau bâtiment de Liège ?
- Le Perron : l’emblème de Liège
- La Violette : l’Hôtel de Ville de Liège
- La Montagne de Bueren : un site historique et sportif
- Les Coteaux de la Citadelle
- Le Théâtre Royal de Liège
- Le Cadran
- La Cathédrale Saint-Paul
- Le Carré de Liège : festif, mais historique
- La Cour Saint-Remy : secrète mais charmante
- Le Mémorial de Cointe
- La gare de Liège-Guillemins : la cathédrale du futur ?
- La Tour des Finances et la Belle Liégeoise
- Sur les quais de la Meuse
- La Patinoire : la baleine de la Médiacité
- Sur les hauteurs de Liège
- En guise de conclusion
Une sélection des meilleures photos de Liège
C’est en préparant une sélection à lui proposer que je me suis rendu compte que mes plus belles photos de Liège étaient disséminées à gauche et à droite sur ce blog. Certaines, postées sur les réseaux sociaux ou restées inédites ne figuraient même pas ici.
J’ai donc décidé de rassembler dans cet article mes 25 plus belles photos de Liège. Mais comment opérer la sélection. Établir la sélection n’a pas été facile. Il y avait beaucoup de photos. Pour y arriver, je me suis focalisé sur les images les plus « cartes postales », reprenant des clichés positifs qui mettent en valeur la ville : les escaliers de la Montagne de Bueren, le Palais des Princes-Evêques, le Perron, la gare de Liège-Guillemins… J’ai volontairement écarté les images un peu décalées, insolites et plus sombres, qui feront l’objet d’un autre article.

La place Saint-Lambert : au coeur de l’histoire de Liège
La place Saint-Lambert est au coeur de Liège. Elle a connu bien des tragédies. Elle doit son nom à saint Lambert, un évêque du 7e siècle, assassiné là.
Le martyre de Saint-Lambert
L’endroit de son assassinat devient un lieu de culte. Le corps de Saint-Lambert y est inhumé. Liège devient ville de pèlerinage et se transforme rapidement en une agglomération importante.
Une cathédrale est bâtie à l’endroit du martyre de saint Lambert. Elle va connaître une histoire mouvementée. Elle sera incendiée plusieurs fois et reconstruite. La cathédrale de style carolingien devient ainsi romane, puis gothique.
L’histoire de la cathédrale Saint-Lambert s’achève brutalement en 1794, sous le régime français. Les révolutionnaires liégeois entament sa démolition, car elle est pour eux le symbole du pouvoir du prince-évêque.

Saint-Lambert, une place martyrisée
Le terrain est définitivement nivelé. L’espace laissant vacant devient la place Saint-Lambert. Elle aussi va connaître une histoire mouvementée. Place florissante jusque dans les années 1950, son destin bascule en 1968. Le conseil communal décide la construction d’un parking souterrain et d’une gare routière souterraine.
La place devient le trou Saint-Lambert. Les travaux s’éternisent, ralentis puis stoppés par des problèmes d’argent et des changements de majorité à la tête de la ville. Il faut attendre l’aube des années 2000 pour que le chantier se termine.
Aujourd’hui, la place Saint-Lambert n’a pas retrouvé sa splendeur passée. Malgré l’effort des urbanistes et des architectes, la place reste un lieu froid et peu apprécié, sauf lorsque le marché de Noël s’y installe. Les touristes et les Liégeois lui préfèrent la place du Marché (toute proche) ou la place Cathédrale.

Le palais des Princes-Évêques : le plus beau bâtiment de Liège ?
Le palais des Princes-Évêques borde la place Saint-Lambert. C’est, selon moi, le plus beau bâtiment de Liège. Siège du pouvoir de la principauté de Liège, il a aussi vécu une histoire mouvementée. Mais, contrairement à la cathédrale Saint-Lambert, il a échappé à la destruction.

Un palais plusieurs fois incendié
Le palais remonte à la fondation de la principauté de Liège par le prince-évêque Notger, en 980. Cette première construction est alors intégrée dans les fortifications. Elle disparaît lors d’un incendie en 1185.
Reconstruit, le palais est à nouveau incendié en 1505. Le prince évêque Érard de La Marck commande alors un nouveau palais de style Gothico-Renaissance. Il ne sera achevé qu’à la fin du 16e siècle.
La façade principale, qui donne sur la place Saint-Lambert, est entièrement refaite dans le style Régence, après un nouvel incendie survenu en 1734.
Des princes-évêques à la province
En 1849, une nouvelle aile de style néogothique est ajoutée. Elle accueille les services du Gouvernement provincial.
Aujourd’hui, le palais des Princes-Évêques est occupé par les services provinciaux et sert de Palais de Justice. Le public ne peut malheureusement pas le visiter, en dehors de rares occasions.

Le Perron : l’emblème de Liège
Le Perron liégeois se dresse fièrement sur la place du Marché, située à deux pas de la place Saint-Lambert. Emblème de Liège, il a figuré sur le blason de la ville et est stylisé (de façon ambigüe) dans le logo liégeois.
L’origine du Perron de Liège est incertaine. Son histoire est entourée de légendes. Il apparaît pour la première fois sur une monnaie princière au 12e siècle. Il symbolise alors le pouvoir de justice du prince-évêque.
Au 13e siècle, Le Perron devient le symbole des libertés accordées aux Liégeois par le prince-évêque Albert de Cuijk. Il est érigé au cœur de la ville, à une position stratégique, devant l’Hôtel de Ville, près de la cathédrale, aujourd’hui détruite, et du palais des Princes-Évêques.
En 1467, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire emporte le Perron à Bruges, après sa victoire contre Liège, en 1467. Il signifie ainsi aux Liégeois leur défaite et la perte de leurs libertés. Après la mort de Charles le Téméraire, sa fille Marie de Bourgogne autorise le retour du monument à Liège. Les Liégeois célèbrent la réinstallation du Perron, notamment par une inscription commémorative sur son piédestal.
À la fin du 17e siècle, après avoir été renversé par une tempête, il est remanié dans le style baroque par Jean Del Cour, le célèbre sculpteur liégeois. C’est sous cette forme qu’on le connaît aujourd’hui.

La Violette : l’Hôtel de Ville de Liège
L’Hôtel de Ville, que les Liégeois surnomment La Violette, fait toujours face au Perron, sur la place du Marché. Mais son apparence a beaucoup changé au cours des siècles.
Au 13e siècle, les magistrats chargés de l’administration communale choisissent de se réunir dans une maison bourgeoise de la place du Marché. Elle était désignée par son enseigne « La Violette ».
Elle est détruite en 1468 lors du sac de Liège par Charles le Téméraire. Rebâtie, elle est à nouveau détruite en 1691 lors de bombardements par les troupes françaises, en même temps que les autres maisons de la place du Marché.
Ce n’est qu’en 1714 que démarre la construction de l’Hôtel de Ville actuel, dans le style baroque. De nombreux artistes participent à sa décoration.

La Montagne de Bueren : un site historique et sportif
La Montagne de Bueren est située non loin de la Place du Marché, dans le quartier historique de Féronstrée. C’est un des sites touristiques liégeois les plus pittoresques et les plus visités.
La Montagne de Bueren, c’est du sport
Classée parmi « les 10 escaliers les plus extrêmes du monde« , la Montagne de Bueren attire des touristes du monde entier. Les plus paresseux se contentent d’un selfie au pied des marches. Les plus courageux et les plus sportifs escaladent toutes les marches pour découvrir un point de vue spectaculaire sur Liège.

La Montagne de Bueren, côté histoire
L’escalier de la Montagne de Bueren relie le quartier historique de Féronstrée et de Hors-Château à la Citadelle. L’appellation « montagne » souligne le côté escarpé et extrême (la pente est proche des 30%) du site.
Terminé en 1880, cet escalier est dédié à Vincent de Bueren. À la tête des 600 Franchimontois, il a défendu Liège contre les troupes de Charles le Téméraire en 1468.
De 2010 à 2018, les escaliers ont accueilli Bueren en Fleurs. Cette biennale mettait en valeur le talent des jardiniers et des ouvriers communaux liégeois. Pendant quelques jours, les marches étaient recouvertes de plusieurs milliers de fleurs, qui composaient un immense tableau floral.

Les Coteaux de la Citadelle
La Montagne de Bueren est un des sites qui composent les Coteaux de la Citadelle. C’est un espace champêtre escarpé, situé en partie dans le centre historique de Liège, sur le versant gauche de la vallée de la Meuse.
On y trouve plus de 60 monuments et sites qui témoignent de l’évolution de Liège depuis le 8e siècle. 13 kilomètres de promenades pédestres flechées permettent de les découvrir. S’y promener est donc à la fois une bonne façon d’allier nature et culture. Le site, largement ombragé, est est aussi particulièrement agréable, quand on veut trouver de la fraîcheur.
Se balader sur les Coteaux de la Citadelle est aussi une excellente façon de prendre un peu de hauteur de façon moins abrupte que par les escaliers de la Montagne de Bueren. Depuis la Terrasse des Minimes, vous découvrez déjà une jolie vue sur les toits de Liège (et ceux du palais des Princes-Évêques).

Le Théâtre Royal de Liège
Le Théâtre Royal de Liège, que les Liégeois appellent souvent l’Opéra, se trouvent près de la place Saint-Lambert.
Inauguré le 4 novembre 1820 avec l’opéra Zémire et Azor d’André Grétry, ce théâtre a été en partie construit avec des matériaux récupérés dans les ruines de la cathédrale Saint-Lambert et dans d’autres édifices religieux détruit par les révolutionnaires.
Le bâtiment assez classique dissimule une somptueuse salle de spectacle à l’italienne, très prisée des amateurs d’art lyrique de la région.
Le Théâtre Royal a connu plusieurs transformations au cours de son histoire, que ce soit pour l’embellir ou moderniser sa machinerie. La plus spectaculaire (et la plus controversée) a eu lieu entre 2009 et 2012. Une structure moderne a été ajoutée au-dessus du bâtiment pour l’agrandir et le doter d’une salle polyvalente supplémentaire.
En 1866, la statue de Grétry a été installée devant le Théâtre. Elle se dressait auparavant devant l’Université de Liège. Né à Liège en 1741, le compositeur André-Ernest-Modeste Grétry a connu fortune et gloire à Paris. Il est connu en particulier pour ses opéras-comiques. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, mais son coeur est revenu à Liège. Il est conservé dans une urne placée dans le piédestal de la statue.

Le Cadran

La Cathédrale Saint-Paul
Après la destruction de la cathédrale Saint-Lambert, c’est la collégiale Saint-Paul qui est choisie pour devenir la nouvelle cathédrale de Liège. Fondée au 10e siècle, elle a été reconstruite dans le style gothique, du 13e au 15e siècle.
Lorsqu’elle devient cathédrale, Saint-Paul reçoit un nouveau clocher et une nouvelle flèche. On y transporte aussi le trésor de Saint-Lambert. On peut aujourd’hui l’admirer dans un joli musée installé dans le cloître.
Il y a quelques chefs-d’oeuvre à découvrir dans la cathédrale Saint-Paul, mais c’est la statue de Lucifer qui m’a toujours fasciné. On la trouve au dos de la chaire de vérité, signée Guillaume Geefs.

Le Carré de Liège : festif, mais historique
Entre la cathédrale Saint-Paul et le Théâtre Royal de Liège, s’étend un quartier que les Liégeois appellent le Carré. C’est à la fois un lieu chargé d’histoire(s) et l’endroit le plus festif de la Cité ardente. On trouve en effet dans ces petites ruelles piétonnes beaucoup de vieilles maisons qui remontent parfois au 17e siècle.
Mais ce n’est pas pour admirer les maisons que la plupart des Liégeois viennent dans le Carré. C’est pour y faire la fête dans un des nombreux cafés et bars installés dans ces vieilles rues. On y trouve quelques magasins.

La Cour Saint-Remy : secrète mais charmante
On trouve aussi dans les parages de la cathédrale des lieux plus discrets, voire presque secrets. Eux aussi sont chargés d’histoire et rappellent que la prospérité de la Principauté de Liège. C’est le cas de la cour Saint-Remy.

Le Mémorial de Cointe
En août 1914, Liège est le premier obstacle que rencontrent les troupes allemandes lorsqu’ils envahissent la Belgique. La bataille de Liège ne dure que quelques jours. Les forts liégeois tombent rapidement. Mais leur résistance permet de retarder les soldats allemands. Ce retard s’avère précieux pour les forces alliées.
Après la guerre, c’est Liège que la Fédération Internationale des Anciens Combattants choisit pour l’édification d’un monument interallié. Il est installé à Cointe, sur les hauteurs de Liège. Cet imposant complexe comprend un édifice religieux (surnommée par les Liégois basilique), une tour et des monuments commémoratifs offerts par 7 pays alliés.
Malgré son intérêt historique et architectural, le monument n’attire guère les foules et a subi quelques revers de fortune. La tour ne se visite qu’aux grandes occasions. La « basilique » a été désacralisée et attend un projet de reconversion.
Pourtant, la silhouette de la « basilique » flanquée de la tour domine le paysage urbain. Le mémorial est visible même depuis l’autre côté de la ville.

La gare de Liège-Guillemins : la cathédrale du futur ?
Inaugurée en 2009, la gare de Liège-Guillemins regarde vers le futur. Cathédrale futuriste ou vaisseau spatial venu d’ailleurs, sa structure impressionnante fait rêver les photographes et les amateurs d’architecture moderne.

En plus de 15 ans, j’ai eu souvent l’occasion d’y aller, d’en partir et d’y revenir. Et je ne m’en lasse pas de la photographier. Surtout quand des statues viennent agrémenter l’architecture pour des expositions (comme pour une mémorable exposition Dali).


La Tour des Finances et la Belle Liégeoise
La construction de la nouvelle gare de Liège-Guillemins a remodelé le quartier des Guillemins. C’est ainsi qu’à la gare est d’abord venue s’ajouter en 2012 la haute silhouette de la Tour des Finances. Aussi appelée Tour Paradis elle est installée en bord de Meuse et abrite les fonctionnaires des finances. C’est la plus haute tour de Wallonie.
La Belle Liégeoise est le nom donné à la nouvelle passerelle qui enjambe la Meuse depuis 2017. Elle relie la gare et la tour des Finances au parc de la Boverie. Son nom rend hommage à Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt (1762-1817). Né à Marcourt, en Principauté de Liège, elle fut une figure notable de la Révolution française et une icône féministe.

Sur les quais de la Meuse
La Meuse traverse Liège de part en part. Sur la rive gauche, le quartier des Guillemins et le centre historique. Sur la rive droite, le parc de la Boverie et le quartier d’Outremeuse, où se déroulent les célèbres fêtes du 15 août.
Il y a plusieurs façons de profiter du fleuve, comme touriste ou photographe. À la belle saison, la navette fluviale vous emmène du pont de Fragnée, près des Guillemins, à Coronmeuse, en passant par la Boverie, le centre historique ou le musée Curtius.

Les quais de part et d’autre de la Meuse ont été aménagés pour les piétons et les cyclistes. Si vous aimez marcher, c’est une belle façon de découvrir la ville tout en faisant un peu d’exercice.


La Patinoire : la baleine de la Médiacité
Liège n’est pas qu’une ville historique. C’est aussi une ville commerçante et animée, qui possède quelques attractions.
On y trouve deux centres commerciaux, pas trop loin du centre ville. L’un deux est la Médiacité, ainsi nommé parce qu’il a été pensé comme une cité des médias. Le projet initial ne s’est pas entièrement réalisé, mais on y trouve tout de même cet étonnant bâtiment en forme de baleine qui abrite la patinoire de Liège.

Sur les hauteurs de Liège
Terminons cette promenade liégeoise, en s’écartant du centre et en prenant un peu de hauteur. Ces photos ont été prises depuis la fenêtre de mon grenier.

En guise de conclusion
La ville de Liège a vécu une riche histoire, qui remonte à l’époque romaine, dont il subsiste quelques belles traces. Cette histoire est faite de hauts et de bas. Guerres, incendies et plus récemment travaux urbanistiques ont laissé des cicatrices. La plus douloureuse est la destruction de la cathédrale Saint-Lambert, qui a eu plusieurs conséquences sur l’histoire de la ville. Certains Liégeois ne s’en sont toujours pas remis.
Mais cette ville médiévale ne plaira pas seulement aux amateurs d’histoire et de vieilles pierres. Liège est aussi une ville qui regarde résolument vers l’avenir.
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Superbes! De l’excellent travail, qui apporte un tout autre regard sur Liège. Celles « sous la glace » sont mes préférées.
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Un grand merci !
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Oui : La dernière est topissime !
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Merci !
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De la carte postale haut de gamme ! tout en conservant le côté classique de certaines vues, le traitement et les point de vue sont tout sauf « bateau ».
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Merci. J’ai choisi le terme « carte postale » à dessein : pour distinguer mes photos plus classiques de celles plus insolites ou décalées.
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Superbe série. Je préfère aussi la première, sous la glace ! ça donne très envie de retourner en Belgique visiter ce que je n’ai pu voir encore… 🙂
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De très belles photos ! Mes préférées, celles de la gare, la patinoire-baleine, la ville sous la neige ou bien encore la dernière de la série ! 🙂
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