Situé à quelques minutes à pied de la Grand place de Bruxelles, Le Musée de la BD (anciennement appelé le Centre Belge de la Bande Dessinée) fait partie des classiques incontournables à visiter dans la capitale belge. Il rassemble deux spécialités bien belges : l’architecture Art Nouveau et la bande dessinée.
Horta et Hergé
En effet, c’est un ancien magasin dessiné par l’architecte Victor Horta, figure majeure de l’Art Nouveau, qui a été choisi pour abriter ce temple de la BD. On y rencontre Tintin, Spirou, les Schtroumpfs et les stars de la bande dessinée belge. Lors d’expositions temporaires, on y découvre également des pans méconnus de l’histoire de la BD, des auteurs plus exigeants ou venus d’ailleurs.
Nous avons déjà visité ce musée, plusieurs fois. Il y a quelques semaines, j’étais de retour au Musée de la BD pour l’exposition temporaire Le secret des Espadons, qui se terminait. Mais c’est une autre exposition temporaire qui m’a enthousiasmé : Bulles de Louvre.
Le Secret des Espadons

Un album fondateur de la BD belge
C’étaient les derniers jours de l’expo Le secret des Espadons au Musée de la BD. Elle célébrait le 75e anniversaire de la première aventure de Blake et Mortimer d’Edgar P. Jacobs. Le Secret de l’Espadon est un récit fondateur de la bande dessinée belge. Cette histoire à débuté dans le premier numéro du Journal de Tintin, sorti le 26 septembre 1946. C’est aussi l’album inaugural des Éditions du Lombard, paru en 1950.
Blake et Mortimer visionnaires ?
L’exposition expliquait bien l’importance historique et artistique de cet Espadon. Elle relatait les coulisses de la création de cette aventure feuilletonesque qui s’étire sur plus de 140 planches. Elle montrait aussi l’influence énorme qu’a eu le mélange de science-fiction et d’aventure concocté par Jacobs sur les jeunes lecteurs.

Une ligne pas si claire
Ce chef-d’oeuvre possède également un style graphique singulier. Jacobs s’inspire de la ligne claire de son ami Hergé, dont il ne respecte pas tous les codes. Il y a en effet beaucoup de crayon sur les planches du Secret de l’Espadon. Cette technique vient atténuer le côté « clair » des traits et ajoute du modelé et des textures. L’album bénéficie aussi du talent de coloriste de Jacobs. Le dessinateur excellait à créer des ambiances grâce à une gamme de couleur pourtant limitée.
L’héritage de Jacobs
L’exposition s’achevait en évoquant l’héritage de Jacobs. Le Secret de l’Espadon a inspiré plusieurs repreneurs de la série Blake et Mortimer. Le Musée de la BD mettait à l’honneur Le Dernier Espadon, qui venait de paraître. Cet album est une suite directe de l’Espadon de Jacobs. Elle n’atteint jamais la grandeur de l’original, malgré la renommée de Jean Van Hamme (au scénario) et de la dextérité graphique du duo Peter van Dongen-Teun Berserik.
L’exposition Le secret des Espadons était joliment scénographiée. Comme je suis un très grand fan de l’oeuvre de Jacobs, je n’y ai pas fait de grande découverte. Mais c’est toujours un plaisir de (re)découvrir les planches originales et de plonger dans les coulisses créatives du maître.

Bulles de Louvre

La surprise est venue de l’autre exposition temporaire, qui venait de débuter au Musée de la BD. Bulles de Louvre invite les visiteurs à découvrir et explorer le musée du Louvre à travers le regard de 20 auteurs de BD.
Une aventure éditoriale unique
En 2005, le Louvre initiait un partenariat avec les éditions Futuropolis en vue d’éditer une collection d’albums de bandes dessinées. L’expo Bulles de Louvre retrace cette aventure éditoriale passionnante à travers une scénographie très spectaculaire. Elle confronte la réalité du Louvre, grâce à de grandes reproductions photographiques, aux interprétations graphiques des dessinateurs.

Visiter le Louvre autrement
La vingtaine d’ouvrages de la collection invitent le lecteur (et le visiteur de l’expo) à explorer le plus célèbre des musées français différemment . Des auteurs prestigieux franco-belges (Nicolas de Crécy, Enki Bilal, Christian Durieux, Marc-Antoine Mathieu, Bernard Yslaire…) ont été sollicités pour poser leur regard sur le musée et ses collections.

Le Louvre en manga ?
Les éditeurs ont également décidé d’élargir les horizons en embarquant des auteurs étrangers dans l’aventure. Le plus connu est sans doute l’auteur de manga Jiro Taniguchi. Mais c’est sur l’auteur chinois Li Chi Tak que j’ai craqué. J’ai eu un coup de foudre devant la dextérité et la sensibilité de ce dessinateur dont je n’avais jamais entendu parler. J’ai acheté l’album (Moon of the Moon) à la librairie du musée, en sortant, et je ne l’ai pas regretté.

Un musée chargé d’histoire(s)
Les récits de la collection explorent différents thèmes et styles, en rappelant que le Louvre ne se résume pas à Mona Lisa. Science-fiction, surréalisme, réalisme, documentaire sont autant de façons de rendre hommage à ce lieu chargé d’histoire(s). Certains albums mettent en lumière des chefs-d’oeuvre, parfois méconnus, du musée. D’autres s’intéressent plutôt à ceux et celles qui y travaillent.

Dessiner le Louvre : patience et dextérité
Aux différents thèmes explorés dans les albums de la collection font écho des sensibilités graphiques et des techniques variées : art digital, encre de Chine, pastel, aquarelle… Les reproductions en très grand format de certaines cases permettait d’admirer la dextérité des dessinateurs. Elles rendent hommage aussi au temps passé en recherches préparatoires pour restituer l’architecture et les oeuvres du Louvre avec autant de minutie et de précision.

Visiter le Louvre sans quitter Bruxelles
On sort de l’exposition avec le plaisir d’avoir visité le Louvre sans quitter Bruxelles, d’avoir déambulé dans ce lieu familier à travers ces oeuvres de papier. L’expo prouve une fois encore que la bande dessinée peut aisément aborder des problématiques plus adultes et plus complexes. La BD est un art, au même titre que les oeuvres exposées au Louvre.
Les collections permanentes du Musée de la BD

J’étais venu pour les expos temporaires, mais je ne pouvais quitter le Musée de la BD sans flâner dans les collections permanentes.

Un accueil… lunaire
A l’entrée du musée, le visiteur est accueilli par Tintin, le plus célèbre des héros de BD belges.

Gag dans l’escalier
Il faut monter l’escalier pour accéder aux collections et aux expositions. Ne loupez pas l’amusant clin d’oeil à Tintin et Haddock sur une des marches.

Art et histoire de la BD
Les collections permanentes sont divisées en plusieurs espaces. Une galerie raconte rapidement l’histoire de la bande dessinée. La section « L’art de la BD » détaille les différentes étapes de la réalisation d’une planche de BD à travers une belle sélection de planches originales (qui changent régulièrement pour des raisons de conservation). L’espace Peyo, conçu pour les plus jeunes, emmène les enfants à la découverte des Schtroumpfs.

Libraire et brasserie
La visite du Musée de la BD se termine avec l’inévitable boutique, au rez-de-chaussée. Dans ce cas-ci, c’est une librairie bien fournie en albums de BD et manga. Vous y trouvez aussi des figurines de collection et d’autres gadgets. Vous pouvez aussi reprendre de l’énergie ou faire une pause à la brasserie Horta, installée au sein du musée.

Infos pratiques
Musée de la BD de Bruxelles (Centre Belge de la Bande Dessinée)
Rue des Sables 20 – 1000 Bruxelles
Infos, horaires et tickets sur le site du musée.
L’exposition Bulles de Louvre était accessible jusqu’au 11 septembre 2022. Mais les livres de la collection Le Louvre chez Futuropolis sont toujours disponibles chez votre libraire.

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Excellente idée pour une prochaine visite à Bruxelles.
Je garde un très bon souvenir de la visite du musée Victor Horta et de quelques très belles maisons signées de sa main.
Je recommande vivement la visite de la ville de Bruxelles !
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Les expositions temporaires que tu as vu sont très sympas et c’est toujours sympa de revoir des photos du musée ! 😀
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Sympa super article vraiment, merci pour cette belle découverte 😀 hésites pas à venir faire un tour sur mon site Mood-blog.fr et à t’abonner si ça te plaît 😉
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