Lors de notre séjour dans la région de Naples, la côte amalfitaine figurait dans la liste de nos incontournables à visiter. Mais sa visite s’est avérée très décevante, pour plusieurs raisons.
Située au sud de Sorrente, cette côte escarpée est un des trésors touristiques de la Campanie. 50 km de côte aux falaises abruptes et aux villages colorés agrippés à flanc de rocher, desservis par une petite route en lacets.
La route dessert quelques villes et villages célèbres et pittoresques : Positano, Ravello, Praiano et, bien sûr Amalfi, qui a donné son nom à la côte.
C’est surtout d’Amalfi qu’il sera question dans cet article. La réputation de cette république déchue a dépassé les frontières. Amalfi a fait rêver les artistes, les écrivains et les cinéastes. Et aujourd’hui, elle fait le bonheur des créateurs de contenu et attire les touristes du monde entier. Mais elle aussi nous a déçus…
Visiter Amalfi en bus ou en car ?
La meilleure façon de visiter la côte amalfitaine est sans doute de louer une voiture ou un scooter pour la parcourir. Mais lors de ce séjour napolitain, nous n’avions pas la possibilité de louer une voiture.
Nous logions à Sorrente, un camp de base idéal pour explorer à la fois la baie napolitaine et la côte amalfitaine. Nous avons pu découvrir facilement les trésors près de Naples en train. Nous logions à Sorrente, un camp de base idéal pour explorer à la fois la baie napolitaine. Il nous a conduits à la mythique Pompéi, à la méconnue Herculanum et bien sûr à Naples, une ville déroutante et contrastée.
Mais pour aller à Amalfi, nous avons dû nous tourner vers un autre transport en commun. Nous avions deux options pour découvrir la côte amalfitaine à partir de Sorrente : le bus ou le car touristique.
Le bus était la façon la plus économique de nous rendre à Amalfi. C’était aussi la plus lente et pas nécessairement la plus confortable. En effet, la ligne de bus régulière implique de nombreux arrêts entre Sorrente et Amalfi.
Le car touristique (ou « sightseeing » bus) nous alléchait avec une expérience plus confortable avec un trajet direct ou presque vers Amalfi (juste un arrêt à Positano), un car climatisé et une vue panoramique. C’est la solution que nous avons choisie et je l’ai très vite regretté.

Le sightseeing bus
En montant dans le sightseeing bus, à la gare de Sorrente, j’ai tout de suite regretté ce choix. Ce car était certes confortable et climatisé. Mais il n’était en rien panoramique. Juste un car comme les autres avec des vitres légèrement teintées qui rendaient toute photo convenable impossible.
C’est donc avec pas mal d’amertume que j’ai vu défiler le paysage magnifique de la côte, en route vers Amalfi. Je savais que toutes les photos que j’essaierais de faire seraient au mieux passables. Entre les reflets dans la vitre et les bords des fenêtres, j’ai dû me contorsionner pour essayer de prendre quelques images.

Amalfi, escarpée et colorée
C’est donc de mauvaise humeur que nous sommes arrivés à Amalfi. Des nuages s’amoncelaient au-dessus des montagnes. La vision carte postale ensoleillée n’était pas au rendez-vous. Et j’ai cru que la journée allait être fichue pour de bon.
Le bus nous a déposés près de la plage et du port. Nous avons découvert une ville colorée qui s’étageait sur les contreforts escarpés et boisés de la montagne. Malgré les nuages, la vue était spectaculaire et époustouflante.

Amalfi : charmante mais trop visitée ?
Nous nous sommes aventurés dans les vieilles rues du centre d’Amalfi. Le centre historique s’articule autour d’une rue principale. Elle s’appelle d’abord Via Duca Mansone I jusque la Piazza Duomo. Cette courte rue doit son nom au duc Manson Ier, le plus puissant des princes d’Amalfi, au 10e siècle. Ensuite, cette artère devient la Via Lorenzo d’Amalfi, d’après un archevêque et écrivain du 11e siècle.

La cathédrale d’Amalfi
La Via Duca Mansone I débouche sur la petite Piazza Duomo, devant la cathédrale d’Amalfi. La visite de cette curieuse cathédrale a sans doute été le meilleur moment de notre visite d’Amalfi. C’est une église à l’architecture inhabituelle qui semble surplomber le reste de la ville. On y accède par une impressionnante volée de marches.
C’est un édifice étrange, très différent des cathédrales gothiques françaises. La cathédrale Saint-André d’Amalfi (en italien cathédrale Sant’Andrea ou Duomo di Amalfi) est dédiée au premier apôtre André. Elle a été construite au 13e siècle sur la base de deux basiliques antérieures. Des agrandissements et reconstructions ultérieures lui ont donné sa structure actuelle.

La dernière transformation a eu lieu au 19e siècle, avec la construction d’une façade qui mêle styles néo-mauresque et néogothique. Elle est précédée d’un couloir qui mène au campanile, qui date du 12e siècle.
L’intérieur de la cathédrale a été remanié au 18e siècle dans le style baroque. Malheureusement, nous n’avons eu guère l’occasion de l’admirer et de le photographier, car une messe s’y déroulait.

Un peu d’histoire amalfitaine
La porte byzantine et les détails orientalisants de la cathédrale rappellent qu’Amalfi a été un important port d’Europe du 9e au 12e siècle. La république d’Amalfi se développe d’abord sous la protection de Byzance. De par sa position géographique stratégique, elle devient une des puissantes républiques maritimes. Elle rivalise avec Pise, Gênes et Venise. En s’affranchissant de l’influence byzantine, elle devient un duché.
En 1131, Amalfi est conquise par le roi Roger de Sicile. Elle passe brièvement sous domination normande, avant d’être prise par la république de Pise. Affaiblie, la ville décline au profit de Naples. Une série de catastrophes naturelles amplifient la chute d’Amalfi. La plus tragique est un raz-de-marée, qui dévaste la côte amalfitaine en 1343 et détruit une grande partie de la ville d’Amalfi.

La Piazza Duomo
La visite de la cathédrale a été écourtée. Nous n’avons pas pu avoir accès ce jour-là aux autres parties de l’édifice, comme le cloître du Paradis ou la basilique du Crucifix. Avant de redescendre les marches et de poursuivre notre exploration d’Amalfi, nous avons pris le temps d’admirer la vue sur les toits de la ville.

Depuis ce couloir ombragé, nous avions aussi une vue plongeante sur la Piazza Duomo. Envahie par les terrasses et les touristes, cette petite place n’impressionne guère.

La fontaine de S. Andrea
Au centre de la Piazza Duomo se dresse la fontaine de S. Andrea (fontana di S. Andrea). Comme la cathédrale, cette fontaine baroque du 18e siècle est dédiée à l’apôtre André, le patron des pêcheurs. C’est une oeuvre surprenante qui mélange différents thèmes. Saint André est représenté avec sa croix sur un piédestal. À ses pieds se trouvent des figures mythologiques dont un satyre et une sirène.

Manger à Amalfi
Après la visite écourtée de la cathédrale, il était temps de trouver un resto pour le repas de midi. À courte distance de la Piazza Duomo, en s’écartant de l’artère commerçante, nous avons trouvé notre bonheur sur la Piazza dei Dogi.
Le nom de cette place tire son nom des doges, ces puissants magistrats qui administraient les républiques maritimes italiennes. La Piazza dei Dogi est censée être une place médiévale typique, pleine de charme. Mais elle est tellement encombrée par les terrasses de restos qu’il est difficile d’en admirer les attraits.
Qu’importe, nous avons passé un bon moment. La nourriture et le vin étaient bons, et l’endroit était calme et agréable.

Rues étroites et boutiques
Après le repas, nous avons continué à explorer le centre historique. À Amalfi, même les rues principales sont étroites. Au fil des siècles, les habitants ont dû cohabiter avec la géographie. Ils ont notamment essayé de compenser le manque d’espace et les escarpements en construisant très en hauteur.
Le centre historique d’Amalfi est donc une sorte de labyrinthe composé de rues étroites, de ruelles, de passages couverts et d’escaliers. Ces particularités lui donnent un cachet indéniable qui est malheureusement gâché par les boutiques souvenir et l’afflux de touristes.
Par moment, on y ressent un sentiment d’oppression presque claustrophobique, coincés entre les hautes façades et la foule.

Via Petro Capuano
Nous suivons la via Lorenzo d’Amalfi. En s’éloignant du front de mer, cette rue commerçante se rétrecit soudain. Elle devient alors la via Pietro Capuano, du nom d’un cardinal philosophe, né au 12e siècle à Amalfi.
Cette rue continue à grimper, en changeant plusieurs fois de nom jusqu’au Museo della Carta, un musée dédié à la production de papier à Amalfi. Mais nous ne sommes pas allé jusque là. Les enfants en avaient assez de monter et avaient envie d’une glace. Nous avons donc fait demi-tour pour retourner vers le port.

La fontaine De Cape ‘e Ciucci
Dans la via Pietro Capuano se trouve une curiosité : la fontaine De Cape ‘e Ciucci. Elle représente deux visages de marbre séparés par une crèche napolitaine. Les masques de marbre datent du 18e siècle, mais la crèche, beaucoup plus récente, a été installée en 1974. La crèche, qui évoque une termitière peuplée de petits personnages, nous a rappelé celles que nous avons vues à Naples.

Un labyrinthe de ruelles et d’escaliers
Tout un réseau de ruelles (ruas en italien), escaliers ou passages débouchent dans la rue principale. Certaines de ces ruelles sont également encombrées de magasins ou de restaurants. Des escaliers grimpent vers des recoins mystérieux. Des passages couverts remontent en des temps anciens.

Le photographe n’a qu’une envie : explorer ce labyrinthe de ruelles et d’escaliers qui l’éloigne de la foule. Mais l’heure tourne et les enfants s’impatientent. Nous reprenons donc notre descente vers le port.

Porta della marina
Nous trouvons un glacier près de la Porta marina, une des entrées médiévales d’Amalfi. Sur la gauche de la porte, un panneau en céramique évoque les échanges commerciaux qui ont fait la gloire d’Amalfi du 10 au 12e siècle.
À deux pas se trouve l’Arsenal d’Amalfi. C’est dans cet édifice médiéval qu’on construisait et réparait les navires qui ont contribué à la puissance maritime d’Amalfi. L’Arsenal est aujourd’hui le symbole de cet âge d’or amalfitain. Il abrite le Museo della Bussola e del Ducato Martimo, qui retrace l’histoire de cet âge d’or. Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de le visiter.

Autour du port d’Amalfi
En attendant l’autocar qui nous ramènera à Sorrente, nous flânons près du port et de la plage. C’est ici qu’Amalfi nous présente son visage le plus lumineux et le plus spectaculaire.

Le paysage montagneux escarpé sur lequel s’accrochent des bâtiments colorés composent des cartes postales qui ne peuvent que séduire les photographes et les touristes.

Décevante Amalfi ?
Dans le car qui nous ramène vers Sorrente, c’est l’heure du bilan. Amalfi nous a un peu déçus. Bien sûr, elle nous a conquis au premier regard, avec cette vue spectaculaire sur la cité. Nous avons été surpris par sa cathédrale si particulière. Et nous avons aimé nous perdre dans son labyrinthe de rues étroites et escarpées.
Mais les boutiques et les touristes qui encombrent ses rues nous ont énervés et nous ont lassés. Nous n’avons pas eu le temps de tout à fait tomber sous son charme. Nous aurions aimé avoir plus de temps pour la découvrir. Et pouvoir l’explorer tôt le matin ou en soirée, quand les touristes sont partis.
Nous avons aussi été déçus par le choix du sightseeing bus pour faire le trajet entre Sorrente et Amalfi. Ce car était confortable. Nous avons pu découvrir la beauté de la côte amalfitaine, mais sans pouvoir la photographier comme elle le méritait. J’aurais voulu arrêter le car plusieurs fois pour admirer et photographier le paysage.
Là est donc la clé pour une visite réussie de la côte amalfitaine et des villes ou villages qui la composent. Prendre le temps de la découvrir, voyager hors saison si possible, loger sur place pour découvrir les lieux au petit matin ou en soirée, quand la plupart des touristes sont partis.

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Qui n’a pas entendu parler d’Amalfi ? Amoureuse de l’Italie, je connais Amalfi par les documentaires télévisés.
Je comprends ta déception pour cette visite en une journée. Je connais bien le photographe qui arrête sa voiture toutes les 5 mn pour prendre des photos !
La cathédrale est superbe et déroutante. Et la ville doit être plus que charmante au petit matin et le soir sans les touristes ! Un très bel endroit.
C’est vraiment un problème cette affluence, quand on n’a pas le choix de prendre ses vacances autre qu’en période de vacances scolaires.
Je te souhaite d’y retourner à une meilleure période !
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C’est peut-être aussi un peu le problème : on parle beaucoup d’Amalfi, sans doute un peu trop. Et on projette des attentes démesurées sur l’endroit. D’où la déception. Comme je l’écris en fin d’article, je crois que la côté mérite vraiment qu’on prenne le temps, de sortir des sentiers battus et idéalement hors saison.
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C’est tout de même très joli, mais je comprends la frustration entre le car et le trop plein de touristes !
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Oui, c’est joli, mais c’est n’est pas « Whaou que c’est beau ». Du moins dans ces conditions…
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