Que visiter autour de Lloret de Mar : découvertes et déceptions

Un an après notre séjour dans la région de Naples, nous avons mis le cap sur Lloret de Mar, dans le nord de l’Espagne. Notre objectif était de rayonner autour de cette ville balnéaire pour visiter la région en transport en commun. Nous avions notamment prévu plusieurs excursions à Barcelone. Mais le voyage ne s’est pas déroulé comme prévu.

Merveilles et déceptions de la Costa Brava

Lloret de Mar est située sur la Costa Brava, en Catalogne. La région ne manque pas d’attraits touristiques. Mais beaucoup de points d’intérêt sont difficilement accessibles en transport en commun. Surtout avec des enfants. Et s’il y a bien une ligne de bus entre Lloret de Mar et Barcelone, les prix du trajet nous ont refroidis. Et obligés à adapter notre planning de visites .

Ce qui ne nous a pas empêchés de faire quelques belles découvertes. Nous n’avons été qu’une petite journée à Barcelone, mais c’était pour visiter une merveille, la Sagrada Familia.

Gérone, ville médiévale et colorée à courte distance de Lloret de Mar, s’est révélé une belle surprise.

Une excursion surréaliste d’une journée sur les traces de Dali nous a réservé son lot d’émerveillements et de frustrations.

Enfin, lors d’une autre excursion, nous nous sommes perdus au monastère de Montserrat, un lieu étrange, à la fois fascinant et décevant.

Mais avant de détailler ces visites, un mot sur Lloret de Mar, où nous logions.

Loret de Mar : une station balnéaire sur la Costa Brava

Lloret de Mar : victime du surtourisme ?

Nous avons très vite compris que nous avions fait une erreur en choisissant Lloret de Mar comme camp de base pour ce séjour catalan. Cette cité balnéaire a sans doute eu du charme autrefois. Mais il a disparu aujourd’hui derrière les boutiques à touristes, les bars et les discothèques.

Lloret de Mar a en effet succombé au tourisme de masse. Elle est envahie de jeunes européens venus profiter de la mer et surtout faire la fête. Ce n’est donc pas un lieu de villégiature idéal pour les familles, sauf si vous avez de grands ados.

Notre hôtel, situé un peu à l’écart du bruit de la fête et de la plage, était une de ses monstruosités architecturales dédiées au tourisme de masse. Nourriture et animations bas de gamme, chambre confortable mais quelconque, nous n’en garderons pas un bon souvenir.

I Love Lloret de Mar (peinture murale typique de cette station  balnéaire espagnole)
On aime Lloret de Mar… ou on la déteste ?

Un aperçu de la Costa Brava : abruptement belle

Lloret de Mar est laide et bruyante, mais la Costa Brava qui l’entoure est bien plus fascinante. Dès que vous quittez la plage, un chemin de randonnée vous emmène à la découverte d’un paysage sauvage et escarpé.

En catalan, « costa brava » signifie « côte abrupte« . L’appellation est amplement méritée. L’étroit sentier qui serpente entre les rochers dévoile un parcours spectaculaire qui plaira aux sportifs et aux amateurs de randonnées.

Pendant que le reste de la famille profitait de la piscine, j’y ai passé pas mal de temps à prendre des photos, fasciné par le paysage.

Fasciné par le paysage abrupt et escarpé de la Costa Brava, autour de Lloret de Mar

De Lloret de Mar à Barcelone en bus ?

Nous ne sommes allés qu’une fois à Barcelone lors de ce séjour. Une ligne de bus relie Lloret de Mar à la capitale de la Catalogne en une heure.

Nous avions initialement prévu de faire plusieurs excursions barcelonaises, mais nous avions omis de nous renseigner sur le prix des billets. Il faut compter environ 12,5 € l’aller, soit 25 € l’aller-retour (prix 2026). Pour une famille de quatre personnes, ça nous faisait donc 100 € par jour, rien que pour le transport.

Gare des bus de Lloret de Mar
Gare des bus de Lloret de Mar

La Sagrada Familia : déroutante et fascinante

Nous avions réservé nos billets pour la Sagrada Familia sur internet, bien à l’avance. Monument emblématique de Barcelone, c’est aussi un chef-d’œuvre architectural aussi énigmatique que fascinant.

La silhouette élancée de la Sagrada Familia est devenue tellement indissociable de Barcelone qu’elle nous semble familière. Pourtant, dans la visite de cette basilique unique, nous sommes allés de surprise en surprise.

La Sagrada Familia, inachevée et entourée de grues

Une basilique élancée mais inachevée

C’est d’abord la taille de l’édifice, haute et imposante, qui vous surprend. Ensuite, en s’approchant, on découvre que les décorations extérieures ne sont pas homogènes. Elles ont en effet été réalisées à des époques différentes, et par plusieurs architectes. La Sagrada Familia a été commencée par l’architecte Gaudi en 1882, mais, au moment où j’écris ces lignes, elle n’est toujours pas terminée.

Détail de la façade de la Sagrada Familia, à Barcelone
Détail de la façade de la Sagrada Familia

Une basilique futuriste et organique

Il faut montrer patte blanche pour y entrer. La Sagrada Familia est le monument le plus visité d’Espagne et l’État espagnol n’a pas lésiné sur les mesures de sécurité. Après avoir passé le portique de sécurité, on découvre abasourdi l‘intérieur de la basilique. Car l’intérieur se révèle aussi fascinant que l’extérieur, sinon plus. J’ai eu l’impression d’entrer dans un vaisseau spatial ou dans une structure futuriste et organique.

La voûte étrange et spectaculaire de la Sagrada Familia

Des détails insolites et surprenants

J’avais réservé sur internet le supplément pour la visite des tours de la Sagrada Famila. Et je ne l’ai pas regretté. D’abord, parce qu’elle donne accès à une vue spectaculaire sur les toits de Barcelone. Surtout, elle permet d’admirer des détails de l’architecture, parfois très surprenants, de cette basilique hors du commun.

La Sagrada Famila n’a pas fait l’unanimité dans notre famille. Je suis celui qui a le plus apprécié la visite.

Certains détails de l'architecture de la Sagrada Familia sont très surprenants.
Des détails très surprenants…

Gérone : la perle méconnue de la Costa Brava

La visite de la méconnue Gérone (Girona) a été sans aucun doute la plus grosse surprise de notre séjour. Nichée dans l’arrière-pays, à une quarantaine de kilomètres de Lloret de Mar, cette jolie ville échappe aux hordes de touristes.

Contrairement à Lloret de Mar, elle a conservé tout son charme. De beaux restes témoignent d’une longue histoire, qui remonte à l’Antiquité. Mais ce sont surtout la cathédrale et la ville médiévale qui ravissent les touristes.

Il faut compter entre 45 et 60 minutes pour aller en bus de Lloret de Mar à Gérone. On arrive dans une gare souterraine, à côté de la gare, en bordure du centre-ville. En sortant à l’air libre, nous tombons sous le charme d’une ville colorée et pleine de surprises.

Gérone : une ville colorée (en Catalogne)

Art nouveau à Gérone

En route vers la vieille ville, on découvre quelques maisons surprenantes, de style Art nouveau. La plus belle (et la plus étrange) est sans doute la Farinera Teixidor, signée Rafael Maso. Cet architecte natif de Gérone admirait beaucoup Gaudi, et ça se voit.

Puis, nous arrivons à un pont en pierre qui enjambe l’Onyar, le fleuve qui a permis à Gérone de prospérer.

Détail de la Farinera Teixidor, dessinée par Rafael Maso, à Gérone.
Détail de la Farinera Teixidor, dessinée par Rafael Maso.

La ville médiévale de Gérone

Nous traversons le pont et la beauté de la ville haute se dévoile. Un empilement de maisons colorées surmontées de la silhouette massive de la cathédrale. On découvre alors une ville médiévale aux ruelles et places pittoresques dans lesquelles nous nous perdons avec bonheur en montant vers la cathédrale.

La ville haute (médiévale) de Gérone, surmontée de la cathédrale.

La cathédrale de Gérone : une étonnante bonbonnière

La cathédrale de Gérone ressemble à une bonbonnière. C’est un de ces édifices surprenants qui mélangent le roman (le clocher), le baroque (la façade) et le gothique (l’intérieur).

La cathédrale de Gérone, en Catalogne

Au frais dans les rues médiévales

Nous avons terminé cette journée à Gérone en flânant dans les rues médiévales. Les rues étroites et les hauts bâtiments fournissaient un havre de paix pour s’abriter de la chaleur.

Das les rues médiévales de Gérone

Sur les traces de Dali autour de Figueres

Salvadore Dali, un des plus célèbres peintres du 20e siècle, était un enfant de la Catalogne. Né à Figueres (84 km au nord de Lloret de Mar), il a longtemps travaillé et vécu à Port Lligat, un village de pêcheurs sur la Costa Brava, près de Cadaquès, à une quarantaine de kilomètres de Figueres.

Aujourd’hui, l’ancien théâtre municipal de Figueres est devenu le Musée Dali. Le peintre l’a lui-même conçu et y est même enterré.

La visite de ce musée était pour nous un incontournable de notre voyage. Mais c’était trop compliqué d’y aller en transport en commun avec les enfants. Il fallait prendre deux bus différents pour 90 minutes de trajet. Nous avons donc réservé à l’hôtel une visite organisée d’une journée.

Cette journée Dali comportait deux étapes : visite le matin du château de Gala Dali à Púbol, puis cap sur Figueres pour la visite du Théâtre-Musée Dali.

Étranges sculptures sur la façade du Musée Dali à Figueres.
Étranges sculptures sur la façade du Musée Dali

Le château de Gala

Gala était la muse et la femme de Dali. Mais à la fin de leur vie, ils vivaient séparés. Gala s’est isolée dans ce château à Púbol, dans l’arrière-pays, tandis que Salvador continuait à vivre et travailler à Cadaquès.

L’édifice médiéval a été entièrement remanié et décoré par Dali pour Gala. Après la mort de sa femme, l’artiste y a installé son dernier atelier et le château est devenu le mausolée de sa muse.

Entrée du château de Gala à Pubol

Un manoir hanté ?

J’ai été un peu déçu par le château de Gala. Plutôt qu’un château, il s’agit d’un manoir, à l’extérieur très discret. Malgré l’extravagance des décorations imaginées par Dali on y ressent une forme de malaise. Peut-être à cause de la petitesse des pièces, du nombre de visiteurs. Et des fantômes des deux amants qui semblent encore hanter l’endroit.

À l'intérieur de château de Gala, décoré par Dali.

Un jardin surréaliste et enchanteur

En revanche, j’ai adoré le jardin. Avec ses sculptures étranges cachées parmi les arbres, c’est un lieu ombragé et enchanteur. Nous y aurions volontiers passé plus de temps.

Sculpture de Dali, dans le jardin du château de Gala à Pubol.

Le théâtre-musée de Dali à Figueres

Pas de déception, en revanche, pour la deuxième étape de la journée : le Musée Dali à Figueres est tout simplement incroyable et inoubliable.

Quand, au début des années 60, la ville natale de Dali lui a proposé de lui consacrer un espace pour y exposer des œuvres de façon permanente, l’artiste a choisi le théâtre, détruit pendant la guerre civile. Il va alors superviser entièrement la conception de ce qui va devenir le Musée Dali. Il sera inauguré en 1974.

Le musée-théâtre Dali à Figueres

Musée ou oeuvre d’art ?

C’est donc bien plus qu’un musée, c’est une œuvre d’art, surréaliste et extravagante. Les surprises commencent par les décorations extérieures. Ce sont d’étranges sculptures perchées sur la façade qui vous accueillent.

La salle du théâtre a été transformée en cour intérieure où trône sa dernière limousine. L’ancienne scène accueille elle des œuvres monumentales.

Dans la cour intérieure du Musée Dali, à Figueres.

Illusions d’optique

Parmi les plus belles découvertes de la visite, il y a des œuvres que Dali a spécifiquement créées pour son musée. Parmi elles, il y a Mae West, une salle transformée en illusion d’optique géante à la gloire de la star du cinéma muet.

Malheureusement, le temps alloué pour la visite était bien trop court pour admirer toutes les merveilles surréalistes de ce coffre à trésor géant. Surtout que l’affluence de touristes compliquait la circulation et la contemplation.

Mae West, une oeuvre d'art basée sur une illusion d'optique imaginée par Dali pour son musée.
Mae West, illusion d’optique et oeuvre d’art

Le monastère de Montserrat : à la fois décevant et mémorable

Complètement à l’opposé du surréalisme débridé de Dali, le monastère de Montserrat trône dans les montagnes au nord de Barcelone. Ce lieu majeur de la région est lui aussi difficilement accessible en transport en commun depuis Lloret de Mar : trop long, trop cher.

Nous avons donc ici aussi réservé une visite organisée à l’hôtel. Le programme de la journée comprenait transfert en car, téléphérique vers Montserrat et visite guidée du monastère. Il promettait un lieu exceptionnel serti dans un paysage spectaculaire. Mais nous avons été très déçus par la journée.

D’abord parce que, ce jour-là, la météo est allée de maussade à pluvieuse. Et nous a donc un peu gâché le paysage spectaculaire.

Le monastère de Montserrat

Un ermitage à l’histoire mouvementée

Ensuite, parce que le monastère ne ressemblait pas à ce que nous attendions. L’ermitage de Montserrat remonte au 9e siècle et a connu de nombreuses transformations. Il est devenu une florissante abbaye qui a connu son apogée au 15e siècle. Il a été pillé et détruit en 1812.

La reconstruction de Montserrat débute en 1858 mais elle ne sera achevée qu’en 1968. Ces bâtiments massifs et monolithiques manquent singulièrement de charme.

L’intérieur de la basilique du 15e siècle est plus intéressant. Au fond de l’église est dissimulée plus qu’exposée la célèbre Moreneta, ou vierge noire, qui attire les pèlerins.

À l'intérieur de la basilique de Montserrat

Autour de la Vierge noire

L’essentiel de la renommée de Montserrat tourne autour de cette statue miraculeuse. La légende raconte que des enfants l’auraient trouvé après à une apparition de la Vierge Marie. La statue aurait ensuite manifesté sa volonté de ne pas être déplacée et le monastère aurait été construit autour d’elle.

Au final, plus que la statue elle-même, ce sont les salles richement décorées, autour d’elle, qui m’ont impressionné.

La Moreneta (ou vierge noire), bien cachée au coeur du monastère de Montserrat
La Moreneta, vierge noire miraculeuse de Montserrat

Le Museu de Monserrat

La journée sur le site s’est terminée avec la visite du Museu de Montserrat. Ce musée d’art ancien comprend une collection surprenante et hétéroclite de peintures religieuses anciennes, d’objets datant de l’Antiquité biblique, d’icônes byzantines, d’orfèvrerie religieuse et de peintures modernes.

Museu de Montserrat : art ancien et icônes sacrées

Conclusion : déceptions et trésors catalans

En repensant aujourd’hui à ce voyage à Lloret de Mar, je me dis que c’était un véritable paradoxe. C’était sans doute nos vacances les moins réussies, mais j’en garde quelques-uns de mes meilleurs souvenirs. Et j’y ai pris quelques-unes de mes photos favorites.

J’ai détesté Lloret de Mar, mais j’ai succombé à la beauté sauvage de la Costa Brava tout autour.

J’oublierai la pluie et les bâtiments modernes du monastère de Montserrat, mais les trésors de sa basilique restent gravés dans ma mémoire.

Et je n’oublierai jamais l’extravagance de la Sagrada Familia, la beauté de Gérone, le jardin de la maison de Gala et la folie du Musée Dali.

Et peut-être qu’un jour, je retournerai en Catalogne pour découvrir tout ce que je n’ai pas pu voir.

À l'aéroport de Gérone, avant de quitter la Catalogne.
À l’aéroport de Gérone, une dernière photo avant de quitter la Catalogne

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