Visiter Salerne : une cathédrale et une ville méconnues

La visite de Salerne était le gros imprévu de notre voyage dans la région de Naples. Et ce fut une belle surprise. Courte, mais belle.

Lors de ce séjour, nous logions à Sorrente. C’était le camp de base parfait pour explorer la baie de Naples et la côte amalfitaine. En train, nous avons facilement pu visiter les ruines de Pompéi, découvrir la méconnue Herculanum et nous aventurer jusque Naples, une grande ville aussi contrastée que fascinante. En bus, nous avons trop brièvement exploré la côte amalfitaine et visité la décevante Amalfi.

Salerne et Paestum

Mais il y avait un lieu incontournable de la région qui nous posait problème. Nous voulions absolument visiter Paestum, un site archéologique exceptionnel. Mais Paestum, situé près de Salerne, se trouve à plus de 100 km de Naples. Et ce site est difficilement accessible en transport en commun.

Nous avons donc choisi une excursion organisée pour nous y rendre. C’est comme ça que Salerne a fait une irruption inattendue dans notre programme de visites. La découverte de la cathédrale de Salerne était en effet la première étape de cette excursion d’une journée vers Paestum.

La cathédrale de Salerne (vue de la tour carrée et de l'atrium)

Histoire de Salerne

Salerne (en italien Salerno) se situe au sud de la côte amalfitaine. C’est une ville méconnue qui a connu une histoire mouvementée.

Fondée par les Romains, sous le nom de Salernum, la ville a connu son âge d’or du 9e au 11e siècle. Elle était alors la capitale de la Principauté de Salerne et abritait la Schola Medica Salernitana, la première école de médecine d’Europe.

Prise par des mercenaires normands en 1076, Salerne devient une des villes majeures du royaume de Sicile.

Dans le coeur historique de Salerne

Bien plus tard, Salerne joue un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale. Après l’armistice entre l’Italie et les forces alliées, elle accueille en 1943 le roi Victor-Emmanuel III et le président du Conseil, en fuite face à l’invasion des forces allemandes.

Salerne se trouve ensuite au cœur de l’opération Avalanche, quand des troupes alliées débarquent près de la ville.

Piazza Alfano I (devant l'entrée de la cathédrale de Salerne)

La cathédrale de Salerne

Le car nous a déposés près de la mer et, sans avoir trop le temps de réfléchir, nous avons suivi notre guide à travers les vieilles rues de Salerne en direction de la cathédrale. Le rythme soutenu ne me laisse pas beaucoup de temps pour prendre des photos.

La cathédrale de Salerne est fascinante, pour plusieurs raisons.

D’abord, par son nom complet : cathédrale Sainte-Marie-des-Anges-Saint-Matthieu-et-Saint-Grégoire VII (en italien, Duomo di Salerno ou cattedrale primaziale metropolitana di Santa Maria degli Angeli, San Matteo e San Gregorio VII). Mais on l’appelle plus simplement Duomo di Salerno.

La cathédrale est dédiée à la vierge Marie et à l’évangéliste saint Matthieu, dont elle abrite le tombeau. De style roman, elle a été construite au 11e siècle.

Elle a été modifiée et remodelée plusieurs fois au cours des siècles. Elle a également souffert lors du débarquement allié de l’opération Avalanche en 1944.

L’étape à Sorrente de l’excursion avait un timing assez serré. Une heure seulement pour visiter la cathédrale.

Cathédrale de Salerne : entrée de la cour
Entrée dans l’atrium, devant la cathédrale de Salerne

Un portique presque antique

On accède à la cathédrale de Salerne par une entrée plutôt discrète qui débouche sur une cour tranquille. Cette cour est entourée d’un portique supporté par 28 colonnes rescapées de temples et monuments antiques.

Portique de la cathédrale de Salerne : colonnes antiques et art arabe
Colonne antiques et influence de l’art arabe

Sarcophages romains

Elles rappellent que la cathédrale a été construite sur les ruines d’une église antérieure, elle-même bâtie sur les restes d’un temple romain. Plusieurs sarcophages romains sont exposés dans la cour.

Un des sarcophages romains exposés dans la cour de la cathédrale de Salerne
Un des sarcophages romains

La tour carrée

Les arcs du portique montrent une influence de l’art arabe, tout comme la tour carrée qui domine la cour et qui date du 12e siècle.

La façade et la tour carrée de la cathédrale de Salerne

L’entrée de la cathédrale

La façade de la cathédrale, de style roman, est d’une grande simplicité. On entre dans l’édifice par des portes de bronze fabriquées à Constantinople.

Porte de bronze de la cathédrale de Salerne

La nef

L’intérieur se distingue également par une grande sobriété. La construction de la cathédrale a commencé en 1076, mais le bâtiment a subi des transformations au 17e siècle. L’intérieur a été mis au goût du jour dans le style baroque. La cathédrale a retrouvé partiellement son aspect originel lors d’une restauration dans les années 30.

Vue d'ensemble de la nef de la cathédrale de Salerne.

Les absides de la cathédrale

Ce qui frappe le plus le visiteur, ce sont deux magnifiques mosaïques qui décorent deux des absides. Elles rappellent la splendeur de celles de Ravenne.

Les mosaïques des absides de la cathédrale de Salerne

La chapelle des Croisés

La chapelle des Croisés occupe l’abside de droite. Les chevaliers venaient y faire bénir leurs armes.

Mosaïque de la chapelle des Croisés, dans la cathédrale de Salerne

Sous l’autel de la chapelle se trouve le tombeau du pape Grégoire VII. Le bas de la chapelle a conservé ses décorations baroques.

La chapelle des Croisés et le tombeau de Grégoire VII, dans la cathédrale de Salerne

L’abside centrale

L’abside centrale, au-dessus du choeur de la cathédrale, est elle aussi décorée d’une mosaïque exceptionnelle.

Mosaïque de l'abside centrale de la cathédrale de Salerne

La crypte

Il ne faut surtout pas quitter la cathédrale de Salerne sans visiter la crypte. C’est sans doute la partie de l’édifice la plus spectaculaire. Elle est censée abriter le tombeau de saint Mathieu. Elle a été entièrement redécorée au 17e siècle sous la supervision de l’architecte Domenico Fontana.

La crypte de la cathédrale de Salerne (vue d'ensemble)

Les peintures qui décorent les médaillons au plafond sont l’oeuvre de Belisario Corenzio, un peintre gréco-italien actif à Venise et Naples. Elles représentent des scènes de l’évangile de Mathieu ainsi que des évocations de l’histoire de Salerne.

Médaillon peint sur le plafond de la crypte de la cathédrale de Salerne.

Le riche décor de la crypte, qui mêle le stuc, le marbre et les dorures, tranche avec la simplicité de la partie supérieure de la cathédrale.

La crypte de la cathédrale de Salerne

Le centre historique de Salerne

La visite de la cathédrale de Salerne était étroitement minutée. Pas question de s’écarter du groupe pour prendre quelques photos de la ville. Et pas le temps malheureusement d’explorer le centre historique.

Dans le centre historique de Salerne

Vers Paestum

Une fois, le groupe au complet dans le car, nous quittons Salerne en direction de Paestum, deuxième et principale étape de cette excursion. Le site archéologique de Paestum se situe à environ une heure en voiture (ou en car) de Salerne. Moins connu que Pompéi ou Herculanum, c’est un site exceptionnel où l’on peut admirer trois temples grecs dans un remarquable état de conservation.

Le site archéologique de Paestum et ses temples grecs.

À côté du site, un petit musée archéologique présente les objets découverts à Paestum. Parmi eux, les fresques de la Tombe du Plongeur sont un témoignage exceptionnel de la peinture grecque.

Conclusion

Ce détour imprévu par Salerne s’est révélé une belle surprise. La cathédrale est à la fois surprenante et fascinante, avec son mélange de styles, ses mosaïques splendides et sa crypte richement décorée.

Nous n’avons malheureusement pas eu assez de temps pour découvrir tous les trésors de la ville.

Fontaine dans l'atrium de la cathédrale de Salerne

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4 commentaires sur “Visiter Salerne : une cathédrale et une ville méconnues

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  1. Quelle visite effectivement ! La cathédrale vaut tous les détours.
    Dommage que l’accès de ces endroits ne soit pas plus facilité pour le tourisme.
    Paestrum est superbe aussi, avec ses temples qui tiennent encore debout.
    Reportage très intéressant et dépaysant.

    Aimé par 1 personne

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