Adieu Andrew Fletcher (Depeche Mode)

Jeudi 26 mai 2022, en fin de soirée, j’apprends la mort d’Andrew Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode. Le musicien avait 60 ans.

Fletch (comme il était surnommé par les fans) était de loin le membre le plus discret du groupe, éclipsé par l’aura du chanteur Dave Gahan et du songwriter Martin Gore. Son apport musical était souvent remis en question. Pourtant, il était considéré comme un membre essentiel de Depeche Mode pour son rôle de médiateur entre Dave et Martin. Porte-parole du groupe, il se passionnait pour le management et l’aspect business, à défaut de jouer un rôle actif sur le plan musical. Un rôle résumé par cette punchline du journaliste Gavin Edwards : « Martin Gore écrit les chansons, Dave Gahan les chante et Andy Fletcher se pointe aux photoshoots et encaisse les chèques. »

La new wave de Depeche Mode rythme les années 80. Le quatuor électronique naît sur les cendres de l’éphémère duo guitare/basse Composition of Sound de Vince Clarke et Andrew Fletcher, rejoints par Martin Gore, puis par le chanteur Dave Gahan. Le nom du groupe est inspiré par un célèbre magazine de mode français.

Leur premier album Speak And Spell sort en 1981. Compositions principalement signées Vince Clarke, son synthétique, et déjà un gros hit : « Just Can’t Get Enough« . Peu après la sortie de l’album, Vince Clarke quitte le groupe pour fonder Yazoo, puis Erasure. Il est remplacé par Alan Wilder, un claviériste talentueux. C’est Martin Gore qui s’attèle à l’écriture des nouvelles chansons.

Au fil des ans, les textes de Gore s’assombrissent, les arrangements de Wilder se complexifient, nourris de musique industrielle. Les tubes s’enchaînent. Le photographe Anton Corbijn travaille avec le groupe sur leur image en concevant des pochettes et des vidéos clips qui reflètent leur musique.

La décennie prodigieuse se clôture avec leur chef-d’oeuvre, Violator, et leur plus grand tube, « Enjoy The Silence« . L’album connaît un succès phénoménal, suivi par une longue tournée mondiale. Le monde est à leurs pieds.

Hommage à Andrew Fletcher (Depeche Mode) - Vector illustration

Très vite, les années 90 virent au cauchemar. Dépendances à l’alcool et à la drogue, dépression, divergences créatives, Depeche Mode frôle l’implosion. Alan Wilder, frustré et épuisé, quitte le groupe en 1995, après l’album et la tournée Songs of Faith and Devotion.

Pendant l’enregistrement d’Ultra, Dave Gahan échappe de peu à la mort dans une overdose.

Le conciliateur Andy Fletcher aide ce qui reste du groupe à recoller les morceaux. Frustré par la mainmise de Gore sur le travail de composition, Dave Gahan écrit quelques chansons sur les albums à partir de Playing The Angel (2005) et entame une carrière solo parallèle. Les tournées mondiales sont sold out et les derniers albums contiennent de bonnes chansons, à défaut de présenter des hits du calibre de « Personal Jesus » ou « Enjoy the Silence ».

Le décès de Fletch rabat les cartes. L’avenir du groupe est incertain. Gore et Gahan arriveront-ils à travailler en duo ? Suite au prochain épisode.

Hommage à Fletch (Depeche Mode) - vector illustration

Je suis un peu passé à côté de Depeche Mode pendant les années 80. Je n’ai pas échappé aux gros tubes, mais sans aller plus loin. C’est avec l’album Songs of Faith and Devotion, à la fin de leur âge d’or, que j’ai vraiment découvert leur musique. À ce jour, c’est toujours mon album favori.

Pour cet hommage à Fletch, c’estt vers l’iconique rose de la pochette de Violator que je me suis tourné. L’illustration vectorielle a été dessinée avec Adobe Illustrator et animée avec Adobe Animate.

4 commentaires sur “Adieu Andrew Fletcher (Depeche Mode)

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  1. Merci pour ce bel hommage ! J’avoue avoir apprécié ce groupe un peu de loin, je vais m’y replonger avec tes conseils !
    J’aimais aussi leur nom de scène, car j’ai toujours connu, enfant, les magazines Dépêche Mode à la maison !!!

    Aimé par 1 personne

  2. Cette nouvelle a été surprenante effectivement. Depeche Mode, c’est un peu comme Indochine pour moi, des débuts avec des tubes, mais pour certains, avec le recul, peuvent être un peu kitch et très emprunt de leur époque à cause de certaines orchestrations, et une seconde période plus récente qui me plait fondamentalement plus. Le travail est plus recherché, plus personnel. C’est d’ailleurs le cas par exemple avec la chanson Suffer well sur l’album playing the angel. Une chanson que j’aime beaucoup, et j’ai appris par la suite que les paroles, écrites par Dave Gahan, parlent de ses soucis de drogue, le clip est d’ailleurs intéressant aussi. 🙂

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