Un soir sur la foire de Liège

Le premier soir de novembre, j’ai accompagné ma fille pour une sortie sur la Foire à Liège. C’était le prétexte d’une série de photos et, surtout, d’une plongée nostalgique dans les souvenirs d’enfance.

Petite histoire de la foire à Liège

À Liège, la Foire d’octobre, c’est une vraie tradition, qui remonte à des temps très anciens. C’est la plus ancienne kermesse belge toujours en activité. Les premiers textes qui témoignent de l’organisation d’une foire à Liège datent du 14è siècle, mais il est probable qu’une foire y était présente bien avant, peut-être même dès les origines de la cité, au 8e siècle.

Les dates, l’emplacement et la configuration de la foire de Liège ont beaucoup varié au cours des siècles. C’est au 19e siècle qu’elle commence à ressembler à celle que nous connaissons aujourd’hui. En 1854, suite à des travaux d’aménagement urbains, elle quitte la Batte pour s’installer sur le flambant neuf boulevard d’Avroy. Cette nouvelle avenue a été créé en 1835 après le comblement d’un bras de la Meuse qui traversait le centre de la ville. En 1871, suite à deux années de météo désastreuse, la foire est avancée d’un mois et devient la foire d’octobre.

La plus grande fête foraine en Belgique

Aujourd’hui, la foire de Liège est aussi la plus grande fête foraine de Belgique, avec 170 baraques et attractions étendues sur 1 km, soit toute la longueur du boulevard d’Avroy. C’est aussi la plus fréquentée, avec plus de 1 500 000 visiteurs annuels.

Annulée en 2020 à cause du COVID, on a craint qu’elle soit perturbée en 2023 à cause des travaux du tram en cours sur le boulevard. Finalement, le chantier a été organisé de telle sorte que la foire puisse se dérouler dans les meilleures conditions. En 2024, elle s’est déroulée du 30 septembre au 12 novembre.

Passe par Liège, on fait la foire

Quand je pense à la foire, je retombe en enfance. La foire d’octobre était l’événement principal de mes automnes d’enfant. Un épisode plein de couleurs et de lumières qui venait égayer le quotidien et les jours déclinants. C’était aussi la première étape du chemin enchanté vers la Saint-Nicolas, puis Noël. Et donc la promesse de surprises et de gourmandises.

Je me souviens des carrousels et tous leurs engins fantaisistes qui nous transformaient en pilote, héros de manga, policier ou pompier. Des baraques de pêche aux canards, avec en guise de pêche miraculeuse la récompense d’un gadget en plastique vite oublié. Des autos-scooters (c’est ainsi que les Liégeois appellent les autos-tamponneuses) qui nous faisaient tournoyer. Des maisons hantées qui nous terrifiaient et nous attiraient à la fois.

Les années passent. Les émotions changent. Je me souviens aussi des premiers frissons sur le huit-aérien et sur les attractions qui vont vite, de plus en plus vite. De la tentation irrésistible des luna-parks.

La foire aux sensations et gourmandises

Je me souviens aussi des gourmandises. La barbe-à-papa, les croustillons et les lacquemants. Des délices locaux tellement extraordinaires qu’on n’imaginait pas qu’ils ne soient pas universels.

Les sensations deviennent de plus en plus fortes. Le film s’accélère. Ce n’est plus avec les parents qu’on descend sur la foire. La sortie familiale devient rendez-vous amoureux. Et puis, on devient parent à notre tour. Et notre regard sur la foire change encore.

Nos filles grandissent à leur tour. Elles aussi bientôt délaissent les carrousels et les pêches aux canards pour des sensations plus fortes. Puis, elles aussi préfèrent y aller avec des amis qu’avec leurs parents.

Terror Factory, une des maisons hantées de la foire de Liège

Un soir sur la foire en 2023

Ce 1er novembre 2023, en début de soirée, j’ai donc accompagné ma fille et une de ses copines sur la foire de Liège. Assez grandes pour y aller seules en journée, mais pas tout à fait pour y aller quand il fait noir. Au programme : essentiellement des attractions qui vont vite et une surprise.

La foire n’a pas vraiment changé depuis mon enfance. Le tracé, malgré les années écoulées et les travaux entrepris, n’a guère dévié. L’emplacement des différentes baraques n’a pas beaucoup varié. Bien sûr, certaines attractions un peu artisanales ont disparu. Les forains se sont professionnalisés. Des attractions à sensations, souvent très technologiques, les ont souvent remplacées.

Pourtant, on retrouve ce mélange excitant d’attractions et de baraques pour manger. Les sucreries et les trucs bien gras qui vous aident à supporter le froid et la pluie. Sans oublier les baraques de loteries et les luna-parks, qui vous font miroiter de gains mirobolants ou des gadgets de prix au bout de ficelles à tirer ou de pinces à manipuler.

Auto scooters sur la foire de Liège

Flash-back nostalgique

Soudain, j’ai à nouveau 15 ans dans ce déluge de lumières et de couleurs vives. Je me contente du rôle de spectateur et j’attends sur la rive du fleuve de passants que les deux filles aient terminé leur tour sur l’attraction qui va vite. En attendant, je prends quelques photos. Je m’imprègne des couleurs, des lumière, des sons, des odeurs.

Je ne résiste évidemment pas à une ou deux attractions. Un petit huit aérien pour les enfants, qui vous décoiffe pas mal. Et un classique, la pieuvre, qui vous fait voltiger dans les nacelles au bout de ses tentacules.

Polyp (la pieuvre) sur la Foire de Liège

Et puis la surprise…

La foire vue de la Grande Roue

Je ne m’attendais pas à ce que les deux filles veuillent aller sur la Grande Roue. J’imaginais que c’était une attraction pour vieux. Pour adultes nostalgiques ou romantiques, plutôt que pour adolescentes.

A Liège, la Grande Roue est placée à peu près au milieu de la foire, à côté de la statue de Charlemagne. Nous avons dû attendre un peu que le tour précédent se termine. Avant que vienne le moment de monter dans une nacelle, délicieusement rétro. Ensuite, l’ascension commence, en douceur.

Attraction XXL sur la foire de Liège vue de la Grande Roue

Nous saluons Charlemagne, qui nous regarde monter avec indifférence. Très vite nous sommes au sommet. De là, la vue sur Liège déçoit un peu. Il fait trop sombre et le temps est trop couvert. En revanche, le panorama sur la foire est spectaculaire. Il dévoile une rivière lumineuse qui coule à travers la ville. Les gens sont des fourmis. Les attractions, aussi XXL ou sensationnelles soient-elles, ne sont plus que des jouets.

La foire de Liège vue de la Grande Roue

La roue tourne. Nous descendons lentement avant de remonter. Deux tours, peut-être trois, je n’ai pas compté. Le temps est suspendu, malgré l’air frais de novembre. Le mouvement est apaisant. Nous apprécions pleinement ce moment de calme, au-dessus du tumulte des attractions qui vont vite et de la flux de la foule.

Retour à la réalité

Avant de quitter la foire, on s’arrête à une baraque pour acheter des lacquemants. Ces galettes fourrées de sucre candi parfumé à la fleur d’oranger sont une spécialité de la région liégeoise.

Nous sortons de cette bulle de lumières et de couleurs. La foire, c’est fini pour cette année. Nous replongeons dans l’obscurité et les travaux de la ville, dans le froid et la pluie de novembre.

Après la foire, retour à la réalité et aux travaux à Liège

Le salut de Charlemagne

Du haut de son piédestal, Charlemagne salue d’un air narquois. Installé sur le boulevard d’avron depuis presque aussi longtemps que la foire, il en a vu des baraques, des forains et des visiteurs. Il en aurait bien des histoires et des anecdotes à raconter s’il pouvait parler. Il doit se contenter de saluer en silence, de regarder les forains venir et repartir. Et, comme tous les Liégeois, attendre que la foire revienne, l’année prochaine…

Charlemagne salue la foire de Liège

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4 commentaires sur “Un soir sur la foire de Liège

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  1. Chacun sa foire, moi celle de mon enfance et adolescence est la Foire du Trône à Paris, dans le 12ème. Passée la vingtaine je n’y allais plus car c’est devenu un peu craignos et cher. Je reconnais le Wild Mouse qui là-bas s’appelait le Crazy Mouse, mais c’est le même genre ! Ta description des lacquemants donne faim ! 😀

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