A Hard Rain is Gonna Fall (Amercoeur, Belgique – Photo : Gilderic)
Paroles
Oh, where have you been, my blue-eyed son ?
And where have you been my darling young one ?
I’ve stumbled on the side of twelve misty mountains
I’ve walked and I’ve crawled on six crooked highways
I’ve stepped in the middle of seven sad forests
I’ve been out in front of a dozen dead oceans
I’ve been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a-gonna fall.
Oh, what did you see, my blue eyed son ?
And what did you see, my darling young one ?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin’
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin’
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard
It’s a hard rain’s a-gonna fall.
Une ambiance de fin des temps
Il y a quelque chose de bouleversant dans ces mots du grand Bob Dylan. Si durs, si tristes et pourtant si beaux.
Une ambiance de fin des temps, tellement en phase avec mon humeur du moment. Avec ce qui se passe au Japon et en Libye.
Une des nombreuses reprises de cette chanson mythique, par Edie Brickell, extraite de la BO de Born a Fourth of July (Né un quatre juillet) d’Oliver Stone. Elle a aussi été chantée par Pete Seeger, Joan Baez, Jason Mraz, Brian Ferry et Arcade Fire (entre autres).
Poésie apocalyptique
« Une douzaine d’océans morts« , « le chant d’un poète mort dans le ruisseau« , « des fusils et des épées acérées dans les mains de jeunes enfants« , « une jeune femme dont le corps brûlait« , « où les boulettes de poison ont submergé leurs eaux« …
Autant d’images poétiques et apocalyptiques qui traversent cette chanson, écrite en 1962 et parue sur le deuxième album de Dylan, The Freewheelin’ Bob Dylan. Ce chef-d’œuvre de la musique folk comprenait aussi « Blowin’ in the Wind« , « Girl from the North Country » et « Don’t Think Twice, It’s Allright« .
Interprétations
A Hard Rain is Gonna Fall a été écrite dans un contexte de guerre froide, où les États-Unis craignaient une 3e guerre mondiale et une apocalypse nucléaire. On a dit que la chanson était une réaction à la crise des missiles de Cuba (en octobre 1962). Bob Dylan a démenti cette explication. Le titre a été écrit avant cette crise et même interprété sur scène, à Carnegie Hall, en septembre 1962.
Dylan a également démenti l’interprétation d’une pluie atomique pour cette « pluie dure« . Il faut plutôt creuser la piste du sens métaphorique et poétique. Les différentes images que l’auteur aligne dans A Hard Rain is Gonna Fall doivent donc être plutôt comprises comme des métaphores et des symboles, inspirées par les lectures et l’actualité de ce début des sixties.
Au fil des années, la chanson n’a pas perdu son pouvoir d’évocation. C’est même le contraire. Aujourd’hui, certains vers résonnent différemment, dans une époque de crises multiples. D’autres guerres ont remplacé la guerre froide. La violence n’a pas disparu. Des enfants se promènent vraiment avec des armes. Et avec le changement climatique, les « tristes forêts » et les « océans morts » ressemblent à une sinistre vision prophétique.
UFO sur le Danube (Photo : Gilderic – Bratilslava, Slovaquie)